Art
Denys Cochin (1851-1922) a acheté des tableaux pendant près de trente ans, de 1892 à 1919, chez Durand-Ruel, Boussod, Valadon et Cie, Vollard et Bernheim-Jeune[1, 2, 3, 4]. Il achetait, dit Vollard, « pour son plaisir », et ne gardait pas : à peine une toile entrée, une autre le tentait, et l’on échangeait ; le catalogue de Cézanne lui compte trente et une toiles[5, 6, 7]. Éprouvé par la mort de deux fils à la guerre et par la maladie, il disperse vingt tableaux chez Georges Petit le 26 mars 1919 ; « quel musée on créerait avec tout ce qui a passé chez lui », écrit Vollard[8, 9, 10].
Ses premiers achats connus sont impressionnistes : la Vachère de Pissarro chez Durand-Ruel le 24 février 1892, puis, chez Boussod, Valadon et Cie, la Morisot et un Monet le 2 juin 1892 et Les Peupliers le 25 octobre[1, 2, 3, 4]. En mars 1896 il entre chez Vollard par un Van Gogh, Les Alyscamps, et le catalogue du Metropolitan Museum le compte parmi les très rares acheteurs des expositions Van Gogh du marchand[5, 6]. De 1899 à 1917, trente et une toiles de Cézanne vont et viennent entre la rue de Babylone, Vollard et Bernheim-Jeune, souvent en échange[7]. Les Corot passent par Boussod, Valadon, à des prix qui montent de 5 600 francs en 1898 à 42 000 en 1908, et repartent aussi vite : une Cour de ferme achetée 35 000 francs le 15 janvier 1903 est rendue douze jours plus tard[8, 9, 10]. Chez Durand-Ruel il garde un Pissarro trois jours en mars 1903, et c’est là qu’il fait son dernier achat connu chez un marchand, un Pissarro encore, le 23 avril 1914[11, 12]. En mai 1906 il prend chez Vollard un Derain et deux Matisse ; Crespelle le compte parmi les amateurs des Fauves, un Van Dongen dans sa chambre[13, 14]. Le 22 juillet 1911 il achète 123 500 francs le Saavedra de Goya, son plus gros prix connu, et laisse le même jour trois Corot en reprise[15, 16]. Les Courbet viennent de 1915 à 1919, et la vente du 26 mars 1919 ne l’arrête pas : douze jours après, il achète 7 000 francs un Degas à la vente de l’atelier, et le 9 juillet deux Courbet à la vente Juliette Courbet[17, 18, 19, 20].
C’est au Salon de 1873, devant Le Bon Bock de Manet, que lui serait venu le goût de la peinture moderne ; sa famille s’y oppose, et ses premières économies passent dans « les tableaux décriés »[21]. En mai 1897, il est l’un des vingt-quatre membres du comité provisoire de la Société des amis du Louvre que Georges Berger réunit aux Beaux-Arts, avec Rothschild, Camondo, Greffulhe, Detaille, Puvis de Chavannes et Poincaré[22] ; en novembre 1898, Puvis à peine mort, il dépose avec plusieurs collègues une proposition de loi ouvrant un crédit de 10 000 francs pour lui élever un monument, que la commission du budget approuve[23]. En 1900, il siège au comité de l’exposition Alfred Stevens, réuni chez la comtesse Greffulhe[24], et au Salon de 1902 La Presse compte parmi les portraits d’hommes célèbres « M. Denys Cochin, par Besnard »[25]. En mars 1903, un journaliste de L’Écho de Paris venu l’interroger sur la politique s’entend dire, « vous aimez la peinture », puis « venez voir mes tableaux » : dans le petit salon, des Jockeys de Degas près du Manet, un Corot de Rome et un autre du Nord, un portrait de Renoir, des esquisses de Puvis pour Marseille et l’ébauche d’un Delacroix ; au fumoir, la légende de saint Hubert de Maurice Denis ; dans le cabinet de travail et l’antichambre, des Cézanne entre des Besnard et des Manet[26]. Il prête ensuite à chaque rétrospective du Salon d’Automne : à celle de Manet en 1905, où il est remercié parmi les prêteurs avec Mme Zola, Pellerin et Rouart, et où L’Éclair remarque son Exécution de Maximilien, « si simple et si émouvante »[27, 28] ; à celle de Courbet en 1906, dont les vingt toiles viennent de Mme Castagnary, de Billen, de lui, de Kœnigswarter, de Durand-Ruel et de Bernheim[29, 30, 31, 32] ; à celle de Cézanne en 1907, où Gil Blas le compte parmi les admirateurs du peintre, entre Roger Marx et Octave Mirbeau[33], et en octobre il est du comité formé pour élever à Cézanne un monument à Aix, avec Geffroy, Monet, Renoir, Tschudi, Besnard, Sembat, Duret, Reinach, Mirbeau et Camondo[34]. L’Action conte en 1916, et Comœdia en 1928 d’après le livre du baron de Meaux, la promenade à cheval où son fils Augustin, enfant, arrêta son père devant un peintre dans un champ : « Papa, ce doit être Cézanne puisqu’il fait un Cézanne »[35, 36]. Les Nouvelles la tenaient dès mai 1914 de la biographie de Cézanne parue dans la revue italienne Lacerba, où cette rencontre est « un des rares bons souvenirs que Cézanne eût gardés de ses rapports avec ses semblables »[37]. En janvier 1909, quand il se porte candidat à l’Académie, Gil Blas annonce qu’il a acheté la veille « une maîtresse aquarelle de Manet, les Courses à Longchamp », et conte déjà l’archevêque de Paris couché « entre des tableaux de Cézanne, de Maurice Denis, de Bonnard, de Vuillard »[38]. En 1911, le jour de son élection à l’Académie, L’Intransigeant lui connaît « une belle collection de peintres impressionnistes, Vuillard, Maurice Denis, Cézanne »[39], et en juin il demande pour Renoir la rosette d’officier de la Légion d’honneur[40]. Frantz Jourdain, président du Salon d’Automne, écrit à Excelsior qu’il la demande lui-même depuis sept ans[41] ; quand Renoir est nommé en octobre, Le Gaulois y voit la joie de deux députés « incapables de s’entendre sur aucun point, sauf sur celui-là », Denys Cochin et Marcel Sembat[42]. La même année, il patronne avec Maurice Denis et Desvallières une exposition d’art chrétien annoncée pour octobre[43]. En 1912, à l’exposition d’Art décoratif de la comtesse Greffulhe, avenue des Champs-Élysées, ses Delacroix, Corot, Puvis, Monet, Renoir, Cézanne et Van Gogh voisinent avec ceux du marquis de Wagram[44, 45]. Le recevant à l’Académie, Hanotaux salue « une galerie de peintres modernes tout à fait remarquable » où « les indépendants ont leur place »[46] ; Gil Blas note que le comte Kessler a fait décorer son château de Weimar par Maurice Denis « tout comme M. Denys Cochin »[47], et La Lanterne s’étonne des « peintres d’avant-garde » protégés par le « bourgeois » Denys Cochin[48]. En juin 1914, Le Radical détaille le comité de l’exposition de Grosvenor House, Pellerin délégué, Wagram et Canson trésoriers, et les collections prêteuses, de Bernheim-Jeune à Mme Potter Palmer[49], et Gil Blas y relève, parmi les Corot, « Venise, au baron Denys Cochin »[50] ; en juillet 1914, il est du comité français de l’exposition d’art français que la même comtesse réunit à Grosvenor House, à Londres, « depuis Ingres jusqu’à Gauguin », et sa collection y figure avec celles de Pellerin, de Sainsère et de Mme Potter Palmer[51, 52]. Ministre en 1915, Le Siècle le présente d’un trait : « il collectionne les tableaux et est un excellent chimiste »[53]. Le Carnet de la semaine le rencontre en 1916 « vers cinq heures du soir, dans une galerie de la rue Richepanse », discutant les jeunes post-impressionnistes avec Théodore Duret et Armand Guillaumin[54], et le compte en 1918 parmi les admirateurs de Cézanne, avec Monet, Vuillard, Denis, Vallotton, Sainsère, Gasquet et Pellerin[55]. À l’annonce de la vente, le même Carnet prédit qu’« avec les sommes que ces ouvrages vont lui rapporter » il « rachètera de nouveaux tableaux », « la manie de collectionner » étant « inguérissable »[56]. Après la Séparation, le cardinal Richard, sans domicile, loge rue de Babylone et supporte mal « tant de beautés, prêtes à entrer au bain » : L’Œuvre conte en 1922 que ce fut le cardinal qui déménagea, « les peintures, elles, n’ont pas bougé », et Le Figaro redonne en 1939, d’après André Salmon, la réplique du maître de maison devant ses Cézanne, « Votre Éminence admettra qu’on n’en dort pas plus mal »[57, 58]. En novembre 1919, après la vente, un journaliste du Petit Parisien reçu rue de Babylone voit encore aux murs « un admirable Corot de l’époque romaine, une surprenante aquarelle de Manet, des Degas, gras comme des Van der Meer de Delft, une copie inattendue de Ghirlandajo par Derain »[59]. À sa mort, Aux écoutes se souvient du « plus fantasque collectionneur », qui s’éprenait d’un tableau, le revendait et le rachetait dans la même journée[60].
Le catalogue raisonné de Cézanne en ligne tient le baron Denys Cochin pour l’ancien propriétaire de trente et une peintures, les trente et une toiles dont parle la famille : des paysages d’Aix et de l’Estaque, des natures mortes, deux portraits de Madame Cézanne, deux groupes de baigneurs[7]. Presque toutes viennent de Vollard et presque toutes repartent chez Bernheim-Jeune ou chez Vollard lui-même, souvent en échange, entre 1899 et 1917[7]. Vollard cite parmi ce qui est passé chez lui « les Joueurs de cartes […], des Natures mortes, des Paysages » de Cézanne[61]. Les prix disent le marché : le 26 octobre 1899 il cède à Vollard trois toiles à 400 francs chacune ; le 24 juin 1912 Vollard lui rachète Six baigneuses 17 000 francs[62, 63].
Cézanne
1893-1896 · Toile, 47 × 56,5 cm
CézanneFWN 484
1891-92 · Toile, 100.3 × 81.3 cm
Fondation Barnes, Philadelphie
CézanneFWN 692
vers 1895 · Huile sur papier marouflé sur carton, 70 × 57 cm
Dès 1895, Denys Cochin, l’un des premiers amateurs de Maurice Denis, lui fait décorer son hôtel de la rue de Babylone, avec le verrier Henri Carot, et demande une grande verrière à Albert Besnard[64]. Pour son bureau, il choisit lui-même le thème de la Légende de saint Hubert : Denis croque ses chasses à courre, puis peint en cinq mois, à partir de mai 1897, sept panneaux qui suivent la chasse sur trois murs, sous un plafond où trois anges sonnent dans le ciel[65]. Le vitrail du Chemin de la vie, commandé pour la première communion de ses filles Françoise et Madeleine, qui s’y tiennent au départ du sentier, ferme l’unique fenêtre de ce bureau[66]. Sa belle-mère, Madame Péan de Saint-Gilles, commande pour le premier étage la Présentation au temple, d’après Fra Angelico, avec ses petites-filles en voiles blancs[67] ; Besnard donne à la salle à manger la Vie animale, basse-cour, chevaux et bêtes sauvages, qui sont aussi le matin, le midi et le soir[68]. Les vitraux, donnés par la famille, et le décor peint sont aujourd’hui réunis au musée départemental Maurice-Denis, à Saint-Germain-en-Laye[64]. En 1924, deux ans après sa mort, la baronne Cochin prête La Légende de saint Hubert à la rétrospective Maurice Denis du pavillon de Marsan, où André Pératé rappelle que « chez le baron Denys Cochin, les amis seulement eurent occasion de les voir »[69, 70]. En mars 1903, un journaliste de L’Écho de Paris, mené de pièce en pièce, voit « le fumoir » décoré « des épisodes de la légende de saint Hubert » et, dans le cabinet de travail et l’antichambre, des Cézanne entre des Besnard et des Manet[26].
Maurice Denis
1895 · Vitrail, 305 × 100 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Maurice Denis
1898 · Vitrail en trois fenêtres de 254 × 128 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Albert Besnard
1895 · Vitrail en trois fenêtres de 330 × 124 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
La collection commence avant lui : son arrière-grand-mère Marie-Guillemine Benoist, élève de David, s’est peinte vers 1796 dans un portrait ovale que les frères, élevés « dans l’admiration » de ses tableaux, tenaient pour « le meilleur » de ses morceaux ; il revient à Denys, l’aîné, comme le Docteur Gall[71, 72, 73]. Henry s’en fait faire une copie par la baronne Alix d’Anethan, « fidèle au modèle et d’une grande intelligence personnelle »[72].
Quatre pleurants du tombeau de Jean de France, duc de Berry, à la Sainte-Chapelle de Bourges, démembré en 1793, furent donnés en 1807 à Pierre-Henri Péan de Saint-Gilles ; ils vinrent à Denys Cochin par son mariage de 1876 avec Hélène Péan de Saint-Gilles, et restèrent chez ses descendants[74, 75]. Deux, en albâtre, d’Étienne Bobillet et Paul Mosselmann, vers 1450-1453, furent vendus chez Christie’s à Paris le 8 novembre 2013 pour 4 017 500 euros[76, 77]. Les deux autres, en marbre, de Jean de Cambrai, de la première commande du tombeau en 1403, furent préemptés par l’État à leur vente du 15 juin 2016, adjugés 5 025 500 euros, après le refus d’un certificat d’exportation, et sont au Louvre[74, 78].
Jean de Cambrai
1403-1433 · Marbre, 37,5 cm
Musée du Louvre, Paris
Jean de Cambrai
1403-1433 · Marbre, 37,8 cm
Musée du Louvre, Paris
Étienne Bobillet et Paul Mosselmann
vers 1450-1453 · Albâtre, 39,5 et 39 cm
Collection privée
Les registres nomment des tableaux que personne n’a revus : le Derain et les deux Matisse de 1906, les Corot repris en 1911, un Harpignies, un Sisley, un Mignard[13, 16, 79]. Le Getty Research Institute conserve cent vingt pages photocopiées de reçus, de factures et de lettres de marchands concernant la collection, avec des listes de tableaux vendus, que cette page n’a pas encore lues[80]. Les archives Durand-Ruel ne répondent qu’aux demandes écrites, et les livres de Vollard ne sont transcrits en ligne que pour les Cézanne[62, 81].
103 œuvres
Cézanne
1893-1896 · Toile, 47 × 56,5 cm
Gauguin
1899 · Toile de jute, 95 × 61 cm
Collection privée
Monet
1868-69 · Toile, 66 × 130,5 cm
Davidn° 8 de la vente
1818 · Toile, 88 × 102 cm
Goyan° 14 de la vente
1798 · Toile, 200 × 120 cm
Manetn° 18 de la vente
1878-1879 · Toile, 77 × 64 cm
Manet
1867 · Toile, 50 × 60 cm
Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague
Delacroixn° 10 de la vente
1839 · Toile, 60 × 50 cm
Collection Oskar Reinhart, Winterthur
CézanneFWN 484
1891-92 · Toile, 100.3 × 81.3 cm
Fondation Barnes, Philadelphie
CézanneFWN 692
vers 1895 · Huile sur papier marouflé sur carton, 70 × 57 cm
Corotn° 1 de la vente
1831 · Toile, 55 × 46 cm
Clark Art Institute, Williamstown
Delacroixn° 12 de la vente
1838 · Toile, 98 × 127 cm
Ackland Art Museum, Chapel Hill
Delacroixn° 11 de la vente
1853 · Toile, 73 × 59 cm
Maurice Denis1/7
1896-1897 · Toile, 225 × 175 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Maurice Denis2/7
1896-1897 · Toile, 225 × 175 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Maurice Denis3/7
1896-1897 · Toile, 225 × 175 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Maurice Denis4/7
1896-1897 · Toile, 225 × 175 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Maurice Denis5/7
1896-1897 · Toile, 225 × 175 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Maurice Denis6/7
1896-1897 · Toile, 225 × 175 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Maurice Denis7/7
1896-1897 · Toile, 225 × 175 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Delacroixn° 13 de la vente
1860 · Toile, 51 × 61 cm
Phillips Collection, Washington
Delacroix
1859 · Toile, 82 × 104,5 cm
Delacroix
1830-31 · Toile, 69 × 82 cm
Degasn° 9 de la vente
Toile, 33 × 25 cm
Degas
vers 1870-1880 · Toile, 27 × 20 cm
Degas
vers 1876 · Toile, 61 × 50 cm
Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
Degas
Non localisé
Seurat
vers 1882 · Panneau, 16,5 × 25 cm
Benoist
vers 1796
Collection privée
Benoist
Non localisé
Alix d’Anethan
Non localisé
CézanneFWN 54
vers 1870 · Toile, 80.4 × 129.4 cm
Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Munich
CézanneFWN 245
1888 · Toile, 81 × 65 cm
Manetn° 16 de la vente
1864 · Aquarelle, 23,5 × 58 cm
Harvard Art Museums, Cambridge
Corotn° 6 de la vente
vers 1850-1855 · Toile, 46 × 64 cm
Monet
1875 · Toile, 60 × 81 cm
Monet
1888 · Toile, 74 × 93 cm
Museum of Modern Art, New York
Monet
1888 · Toile, 92 × 81 cm
Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg
Monet
1878 · Toile, 50 × 61 cm
Collection privée
Monet
1872 · Toile, 80 × 58,5 cm
Collection privée
Monet
1875 · Toile, 61 × 80 cm
Collection privée
Monet
1864 · Toile, 28 × 49 cm
Collection privée
Pissarro
1888-1901 · Toile, 60 × 73 cm
Collection privée
Pissarro
1893 · Toile, 46 × 55 cm
Collection privée
Pissarro
1892 · Toile, 38 × 55 cm
Pissarro
1879 · Toile, 54 × 65 cm
Collection privée
Pissarro
1890 · Toile, 33 × 41 cm
Collection privée
Corot
vers 1840-50 · Toile, 32 × 45 cm
Corot
1871 · Toile, 38 × 46 cm
Clark Art Institute, Williamstown
Corot
vers 1856-63 · Toile, 38 × 56 cm
Collection Oskar Reinhart « Am Römerholz », Winterthur
Corot
1860-70 · Toile, 55,9 × 46,3 cm
Corot
1873 · Toile, 54 × 45 cm
Non localisé
Corot
1857 · Bois ovale, 44 × 59 cm
Collection privée
Puvis de Chavannesn° 19 de la vente
Toile, 98 × 146 cm
Phillips Collection, Washington
Puvis de Chavannesn° 20 de la vente
Toile, 98 × 146 cm
Phillips Collection, Washington
Goya
1800 · Toile, 82 × 66 cm
Taft Museum of Art, Cincinnati
Van Gogh
1890 · Toile, 41 × 33 cm
Collection privée
Van Gogh
1888 · Toile, 73 × 92 cm
Kröller-Müller Museum, Otterlo
Manetn° 17 de la vente
Toile, 34 × 53 cm
Gauguin
1889 · Toile, 73 × 92 cm
Morisot
vers 1889 · Toile, 65 × 55 cm
National Gallery of Art, Washington
Manetn° 15 de la vente
Toile, 64 × 78 cm
Localisation inconnue
Manet
1854 · Toile, 70 × 84 cm
Maurice Denis
1895 · Vitrail, 305 × 100 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Maurice Denis
1898 · Vitrail en trois fenêtres de 254 × 128 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
Albert Besnard
1895 · Vitrail en trois fenêtres de 330 × 124 cm
Musée Maurice-Denis, Saint-Germain-en-Laye
CézanneFWN 215
1885-86 · Toile, 64.8 × 80.9 cm
Metropolitan Museum of Art, New York
CézanneFWN 124
vers 1879 · Huile sur papier marouflé sur toile, 53.5 × 72.4 cm
Musée national du pays de Galles, Cardiff
CézanneFWN 256
vers 1888 · Toile, 80 × 61.5 cm
Musée national du pays de Galles, Cardiff
CézanneFWN 213
1885-87 · Toile, 65 × 81 cm
CézanneFWN 807
1887-88 · Toile, 73 × 92.2 cm
Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Munich
CézanneFWN 306
vers 1895 · Toile, 65 × 81 cm
CézanneFWN 104
1876-78 · Toile, 59 × 72 cm
CézanneFWN 746
1877-79 · Toile, 65.5 × 81 cm
Musée des Beaux-Arts de Budapest
CézanneFWN 853
1893-94 · Toile, 38 × 46 cm
Fondation Beyeler, Riehen, Bâle
CézanneFWN 973
vers 1900 · Toile, 37 × 45 cm
Fondation Beyeler, Riehen, Bâle
CézanneFWN 480
vers 1885 · Toile, 55 × 46.3 cm
Carnegie Museum of Art, Pittsburgh
CézanneFWN 330
1900-04 · Toile, 79.4 × 62.3 cm
CézanneFWN 466
1883-85 · Toile, 56.5 × 47 cm
CézanneFWN 533
vers 1899 · Toile, 93.3 × 73.3 cm
Fondation Barnes, Philadelphie
CézanneFWN 612
vers 1870 · Toile, 41 × 55 cm
Galleria d’Arte Moderna, Milan
CézanneFWN 108
vers 1877 · Toile, 60 × 73 cm
CézanneFWN 105
1876-77 · Toile, 50 × 60 cm
Collection Villa Flora, Winterthur
CézanneFWN 302
vers 1895 · Toile, 100 × 81 cm
Passé en vente chez Sotheby’s, New York
CézanneFWN 815
1888-90 · Toile, 48.6 × 60 cm
Passé en vente chez Christie’s, New York
CézanneFWN 885
1904-06 · Toile, 73 × 92 cm
Collection privée, New York
CézanneFWN 752
1878-79 · Toile, 25 × 39 cm
Collection Abelló, Madrid
CézanneFWN 193
1883-85 · Toile, 71 × 57.7 cm
Collection privée, États-Unis
CézanneFWN 112
vers 1878 · Toile, 47 × 56.2 cm
Collection privée
CézanneFWN 230
1886-90 · Toile, 58.5 × 71.8 cm
Collection privée, New York
CézanneFWN 624
1872-75 · Toile, 16.5 × 22.5 cm
Collection privée, Tokyo
CézanneFWN 957
vers 1887 · Toile, 33 × 44 cm
Collection privée, Genève
Corotn° 3 de la vente
1825 · Toile, 19 × 34 cm
Collection privée
Corotn° 2 de la vente
1826 · Toile, 54 × 96 cm
Non localisé
Courbetn° 7 de la vente
1856 · Toile, 82 × 53,5 cm
Collection privée
Courbet
1851 · Toile, 46 × 38 cm
Collection privée
Courbet
1853 · Toile, 56,5 × 46,5 cm
Courbet
1855 · Toile, 97 × 122 cm
Collection privée
Courbet
1856 · Toile, 96,5 × 130 cm
Corotn° 4 de la vente
1826 · Toile, 18 × 39 cm
Non localisé
Corotn° 5 de la vente
1844 · Toile, 49 × 71 cm
Non localisé
Sources
Chaque énoncé de cette page est référencé : 159 sources, archives, catalogues raisonnés, presse, ouvrages et documents de famille, sont citées en note sous les textes et récapitulées ci-dessous par catégorie. Suivent 22 références non encore consultées, avec la question que chacune permettrait de trancher, ainsi qu’une synthèse de ce que les registres des marchands et la compilation familiale établissent de la collection.
Les livres de stock de Vollard, que le catalogue Cézanne transcrit, montrent Denys Cochin en marchand presque autant qu’en amateur[1, 2]. Le catalogue de l’exposition Vollard du Metropolitan Museum, en 2006, lui compte vingt-deux Cézanne, dont quinze achetés à Vollard ou échangés avec lui, et juge la relation « lucrative, quoique frustrante, pour l’un, spéculative pour l’autre »[3]. Le même catalogue le compte parmi les très rares acheteurs des deux expositions Van Gogh de Vollard, en 1895 et 1896-97 : il commence à en acheter en mars 1896, « enthousiaste et indécis », toujours tenté par la toile qu’il n’a pas encore[4]. Son premier achat chez Vollard fut un Van Gogh, Les Alyscamps, que le marchand tenait des Ginoux d’Arles, aujourd’hui au Kröller-Müller Museum[5] ; avec Pellerin, il fut de ces collectionneurs français dont la concurrence avec le Hollandais Hoogendijk et les Américains Loeser, Fabbri et Havemeyer fit monter les prix de Cézanne[6, 7]. Le livre des mouvements de Vollard porte en mars 1896 un bénéfice de 310 francs sur ce Van Gogh, acheté 61 francs à Joseph Ginoux le 22 janvier[8]. Le 23 juin 1898, il paie 350 francs à Vollard pour des œuvres que le registre ne nomme pas[9]. En mai 1906, Cochin lui achète encore un Derain et deux Matisse, une vue du bois de Boulogne et un petit paysage, et un Redon venu de chez lui, des personnages dans les nuages, entre au livre B de Vollard pour 500 francs[10, 11].
Le 26 octobre 1899, il lui cède trois toiles à 400 francs chacune, dont une Clairière et La Seine au quai d’Austerlitz d’après Guillaumin, et prend le même jour Marseilleveyre vu de l’Estaque pour 1 200 francs[1, 2, 12, 13]. Le 4 avril 1900, il achète L’Allée à Chantilly 1 000 francs, Les Grands Arbres au Jas de Bouffan 3 000 francs et un Sous-bois provençal 500 francs, et laisse en reprise un Pichet de grès[14, 15, 16, 17]. Le 20 octobre 1904, Vollard lui reprend La Carrière de Bibémus 1 000 francs et Le Buffet 2 000 francs ; le 2 janvier 1908, il lui vend une petite nature morte 5 000 francs ; le 24 juin 1912, il lui rachète Six baigneuses 17 000 francs et Les Voleurs et l’âne 10 000 francs, quarante fois le prix d’une toile de 1899[18, 19, 20, 21, 22]. Vlaminck se souvenait des après-midi où Vollard, sa sieste faite, l’emmenait en fiacre rue de Babylone : « Vous regarderez bien le Corot que je vous indiquerai, Denys Cochin veut faire un échange, je voudrais votre avis »[23]. Dès 1906, Théodore Duret le compte parmi les collectionneurs de Cézanne, avec Pellerin, Fabbri, Fayet, Bernheim et Hessel[24]. Cézanne lui-même se souvenait du cavalier arrêté devant son chevalet : « C’était le baron Cochin… il s’y connaissait en peinture, et j’ai eu tort de ne pas être aimable », confiait-il à Léo Larguier[25]. Vollard raconte la même rencontre, le fils criant « Papa, regarde Cézanne ! », et l’invitation à venir voir les Delacroix de la rue de Babylone, que le peintre ne se décida jamais à honorer[26, 27]. Le Getty Research Institute conserve, parmi des papiers sur Vollard réunis par Gerrard White, cent vingt pages photocopiées de reçus, de factures et de lettres de marchands concernant la collection Cochin, avec des listes de tableaux vendus : le dossier qui dirait ce que les registres taisent[28].
L’index du catalogue Wildenstein lui compte huit Monet en tout, du petit Étretat de 1864 aux Peupliers de Giverny aujourd’hui au Museum of Modern Art, le premier daté acheté chez Durand-Ruel le 27 octobre 1893[29, 30]. Le catalogue Manet de Rouart et Wildenstein lui compte sept Manet, dont deux Exécutions de Maximilien : la grande, venue de Durand-Ruel en 1898 et cédée à Mannheim le 5 décembre 1909, et l’esquisse, prise chez Bernheim-Jeune en 1909 et rendue à Durand-Ruel en 1910, aujourd’hui à Copenhague[31, 32, 33]. Le catalogue Pissarro de 2005 ajoute cinq Pissarro, tous passés par Durand-Ruel, du premier acheté le 24 février 1892 au dernier, le 23 avril 1914, dont un gardé trois jours et un autre renvoyé au peintre pour qu’il le repeigne[34, 35, 36, 37].
Les livres de Boussod, Valadon et Cie, successeurs de Goupil, que le Getty publie, le suivent de 1892 à 1911[38, 39]. Il y achète trois Monet, Les Peupliers le 25 octobre 1892 pour 6 500 francs, Mare, soleil couchant pour 2 600 francs et Les Gros Arbres, Creuse pour 3 500 francs, une Berthe Morisot pour 700 francs et un Carrière[38, 40, 41, 42, 43]. Entre 1896 et 1901, il leur revend ce qui ne lui plaît plus, un Harpignies, un Van Ostade, le Carrière, un Monet, Le Ruisseau, un Sisley, Marly, un Mignard, qui repartent pour la plupart chez Bernheim-Jeune[44]. Les Corot viennent ensuite, à des prix qui montent : La Porte 5 600 francs en 1898, une Ferme 19 000 francs, Environs d’Arras 13 500 francs en 1901, Château-Thierry 34 000 francs, aujourd’hui au Römerholz, et un Paysage d’Italie 38 000 francs en 1904, Le Lac 36 000 francs en 1907, un Paysage de l’Artois 42 000 francs en 1908, aujourd’hui au Clark[45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53]. Une Cour de ferme achetée 35 000 francs le 15 janvier 1903 revient chez le marchand douze jours plus tard[54]. Le 15 mai 1903, il prend pour 54 000 francs l’Herminie et les bergers de Delacroix, le tableau du Salon de 1859, et la rend en janvier 1907 pour 50 000[55]. Le 22 juillet 1911, il achète le portrait de Saavedra par Goya, venu de Madrid, 123 500 francs, et laisse le même jour trois Corot en reprise, dont le Paysage d’Italie et les Environs d’Arras[39, 56]. Les livres notent aussi les parts des marchands : l’Herminie était « en compte à 1/3 avec Montaignac et Glaenzer », et les trois Corot repris en 1911 passent le mois suivant à Bernheim-Jeune par « cession de notre 1/2 », la maison n’en possédant que la moitié[39, 55]. Deux de ces trois Corot sont « pas dans Robaut », et les livres leur donnent leurs numéros de cliché, 528 pour le Paysage d’Italie et 389 pour L’Écluse, comme à chaque tableau photographié par la maison[39].
Durand-Ruel est le marchand de ses impressionnistes, et le premier à lui vendre : la Vachère au bord de l’Epte de Pissarro le 24 février 1892[35], le lac de Berthe Morisot la même année, qu’il lui rend en 1897[57], l’Inondation de Monet le 27 octobre 1893[30], la Grosse mer à Étretat le 27 janvier 1898, rendue le 19 janvier 1900[58], le boulevard d’Argenteuil sous la neige, pris en 1898 et repris en 1900[59]. Les Monet venus de Boussod, Valadon repassent par lui en 1897[60, 61]. En 1898 il lui vend L’Exécution de Maximilien, 12 000 francs[32], en 1906 le Combat de taureaux[62] et, le 10 novembre, La Vierge au lapin, qu’il lui rachète le 7 octobre 1915[63], en 1910 la Reine María Luisa de Goya[64]. Le 11 mars 1902, Denys Cochin lui vend la Vue de Bazincourt au soleil couchant de Pissarro et lui achète le même jour un pastel de Degas, Chevaux de courses, 15 000 francs, que le journal du marchand enregistre[65, 66]. Les Cézanne font le chemin inverse : Durand-Ruel lui achète une nature morte le 11 février 1902, stock 6957, et le Village au bord de la mer le 12 mai 1905, stock 7906[67, 68]. Les potagers de l’Hermitage, achetés le 20 mars 1903, reviennent trois jours plus tard[37], et son dernier achat connu chez un marchand est encore chez Durand-Ruel, les Paysans d’Éragny, le 23 avril 1914[36]. Les livres de la maison ne sont pas en ligne : Durand-Ruel & Cie, 39 avenue de Friedland, répond aux demandes écrites, pour une liste d’artistes où figurent quatorze des siens, de Cézanne à Sisley[69].
À la vente du 26 mars 1919, ce sont les trois marchands, Bernheim-Jeune, Durand-Ruel et Vollard, qui assistent Me Lair-Dubreuil comme experts, « devant le public des grands jours »[70, 71]. Deux ans plus tôt, le 21 mai 1917, Félix Fénéon, qui dirigeait la galerie Bernheim-Jeune, lui demandait de prêter sa Serveuse de bocks pour une exposition : sa lettre, conservée à la bibliothèque de l’INHA, y est jointe à deux factures de Bernheim-Jeune au nom de Denys Cochin, « pour l’achat de plusieurs tableaux », et à une lettre du marchand Jos Hessel[72]. Le Journal des arts avait prévenu que la plupart des toiles venaient de grandes collections ou des ventes faites après la mort des peintres, et figuraient chez Robaut, Moreau-Nélaton ou Duret[73]. Les vingt toiles produisent 684 500 francs : 73 000 pour La Serveuse de bocks, 70 000 pour le Goya, 57 000 pour Le Forum, 51 100 pour Le Christ en croix[74, 75]. La Chronique des arts salue « une collection qui fait honneur au goût hardiment français » de son collectionneur, et Le Journal note que Le Forum, adjugé 57 000 francs, n’en avait fait que 2 600 à la vente Corot de 1875[76, 77]. Six semaines après la vente, le 9 mai 1919, Denys Cochin reçoit de la galerie Barbazanges 30 000 francs pour les deux esquisses de Puvis de Chavannes, adjugées en salle 8 100 et 11 600 francs : les enchères n’avaient donc pas tout vendu, et une partie des lots revint rue de Babylone pour être négociée ensuite[74, 78]. Barbazanges venait de s’associer, par acte notarié du 30 avril 1919, à Jos Hessel, l’acheteur du Tasse[79]. Excelsior annonçait dès le 20 décembre 1918 les vingt tableaux qui seraient vendus « dans les premiers mois de 1919 »[80]. Le Journal des arts donne, avec les adjudications, les prix demandés, 100 000 francs pour La Serveuse de bocks adjugée 73 000, et les prix anciens des Delacroix, Le Christ en croix 18 250 francs à la vente Noël de 1891 et 15 000 à la vente Heugel de 1905, les Chevaux marocains de 16 000 francs chez le marquis du Lau en 1866 à 30 200 à la vente Marne de 1904[81].
À sa mort, l’American Art News le dit l’un des très rares académiciens qui aimaient l’art moderne, et l’un des premiers acheteurs de Cézanne[82]. Le Bulletin de la vie artistique, que publient les Bernheim-Jeune, lui consacre une page : « Peu d’amateurs ont possédé le tact infaillible, la sûreté de jugement, le goût indépendant et juste qu’avait Denys Cochin », et se souvient de ses admirables Cézanne[83].
Une compilation établie par Jacques Cochin en juin 2026 compte cinquante-deux peintres et cent soixante-cinq tableaux achetés, échangés, vendus ou transmis, trente-trois Cézanne et vingt Corot en tête, puis douze Delacroix, dix Maurice Denis, sept Manet et sept Dufy[84]. Une partie de ces peintres, de Dufy, Camoin et Friesz à Vicente López, n’a pas encore ici d’œuvre identifiée ; ce sont pour certains les jeunes « Indépendants » dont l’American Art News disait en 1922 qu’ils avaient eu l’honneur de son patronage[82, 85].
Ouvrages et fonds d’archives non encore dépouillés, avec la question que chacun permettrait de résoudre.
Les deux factures diraient quels tableaux Bernheim-Jeune lui a vendus et à quel prix, et la lettre de Hessel ce que le petit Renoir de Vollard est devenu.
Le Marly de Sisley passé par la rue de Babylone, que les livres de Boussod, Valadon et Cie donnent pour 46 × 56 cm.
Les archives Durand-Ruel ne répondent qu’aux demandes écrites, pour une liste d’artistes où figurent treize de ceux de cette page, de Cézanne à Sisley ; l’index et les notes du livre diraient ce que Denys Cochin y a acheté, dont L’Exécution de Maximilien et le chemin des Joueurs de cartes vers Camondo.
La presse donne les enchères ; seules les annotations d’un exemplaire, comme ceux que conserve le Getty, nomment l’acheteur de chacun des vingt lots.
L’inventaire ne dit rien de plus que le contenu du dossier ; les cent vingt pages, photocopies de papiers venus de la famille parmi d’autres sources, nommeraient le Derain et les Matisse de 1906, les Dufy, les Camoin, les Friesz et tout ce que les registres des marchands ne détaillent pas, avec leurs prix.
Les registres de Vollard transcrits en ligne s’arrêtent aux Cézanne ; les agendas et la correspondance diraient le reste, les Van Gogh, les Matisse, le Derain et le Redon de 1906.
Le tome I, 1816-1831, ne nomme Denys Cochin qu’une fois, à l’esquisse du Mirabeau, et les troisième et quatrième suppléments, de 1993 et 2002, lus sur Internet Archive, ne le nomment pas ; le tome III, que HathiTrust laisse chercher sans le montrer, nomme Denys Cochin à ses pages 12, 81, 88, 148, 209, 240, 257, 303 et 358 : la Cléopâtre, le Tasse, l’Herminie, les Chevaux et le Christ en croix y sont, et trois pages, 12, 257 et 303, parlent d’un lion, d’un sujet religieux ou de fleurs et d’une œuvre non localisée que cette page ne connaît pas.
La recherche plein texte d’Internet Archive trouve dans le catalogue de 1928 cinq notices nommant Denys Cochin, qu’il ne laisse pas lire : une toile de 1888, 41 × 34 cm, « coll. Denys Cochin depuis 1914 », puis Druet ; une entrée chez lui en 1913, une autre en 1915 après la collection Aubry, une venue de Druet en 1912 et passée à Charles Cherfils, une enfin « avant 1911 », exposée à Cologne en 1912. Avec les Alyscamps et les Fleurs dans un verre, cela fait plus que les quatre Van Gogh que compte la famille.
Les propriétaires antérieurs du Saavedra, de la Reine María Luisa et de Télémaque et Eucharis.
La Femme au bandeau et les deux esquisses de Marseille, avec leurs acheteurs de 1919.
L’Estaque de Cézanne, vers 1885, 71 × 58 cm, « la mer, des montagnes au loin », de Denys Cochin à Durand-Ruel, Cassirer et Matthiesen, exposé à Londres en 1949 et en 1963 : lequel des Cézanne de cette page, ou un autre ?
Des extraits des livres de Vollard et de Bernheim-Jeune : L’Estaque (Venturi 427) acheté par le baron D. Cochin le 19 mars 1909, une Tête de femme le 24 décembre 1910, Les Contrebandiers (Venturi 108), Le Ruisseau, et le Reichshoffen de Manet ; la page ne se lit que sur place.
Les livres de Boussod, Valadon et Cie donnent à chaque tableau son numéro de cliché : 528 pour le Paysage d’Italie, 389 pour L’Écluse ou Environs d’Arras, 592 pour Le Lac, 580 pour le Paysage de l’Artois, 487 pour Château-Thierry, 23 pour la Cour de ferme, 13 pour La Ferme, 763 pour le Goya, et « cliché Manzi 1615 » pour La Porte. Les négatifs que le musée conserve, s’ils portent ces numéros, montreraient les trois Corot que personne n’a identifiés.
La galerie n’a pas laissé de livres de stock, mais ses catalogues d’exposition nomment les prêteurs : celui de mai 1910 montre trois tableaux de Denys Cochin, le Castel Gandolfo, le Christ en croix et la Serveuse de bocks ; le répertoire de Sanchez dirait tous ses prêts, de 1881 à sa mort.
L’Au théâtre que Boussod, Valadon lui vend le 25 octobre 1892, 2 500 francs, et reprend en 1897 n’a ni mesures ni photographie dans le livre de stock ; la première exposition de Carrière, chez le même marchand en 1891, et le catalogue raisonné de 2008 diraient lequel des théâtres de Carrière c’est, et où il est.
Les commandes de l’hôtel de la rue de Babylone et les visites du peintre chez les Cochin.
D’autres souvenirs de Vollard sur Denys Cochin ; Gimpel, à Paris en mars 1919, a pu noter la vente.
Une mention de l’hôtel Cochin relevée en passant et jamais vérifiée.
Bernheim-Jeune a repris à Boussod, Valadon et Cie le Marly de Sisley en 1899, l’Au théâtre de Carrière en 1897 et les trois Corot de 1911, La Méditation, L’Écluse et le Paysage d’Italie : ses livres diraient à qui chacun est reparti.
Sedelmeyer a acheté le 22 décembre 1897 la Halte à l’auberge d’Isack van Ostade : ses catalogues illustrés, en ligne, la montreraient et diraient à qui il l’a vendue.
Les Gros Arbres, Creuse, vendu à Denys Cochin le 6 mars 1894, 74 × 92 cm, n’est pas sous ce titre à l’index : les entrées de la série de la Creuse, par leurs mesures, diraient laquelle c’est et où elle est.
Les Plusieurs personnages dans les nuages, huile de 33 × 26 cm que le livre B de Vollard inscrit comme venue de Denys Cochin : le catalogue relève les numéros de stock de Vollard et dirait où la toile est.